EDITORIAL

Sandra

 

Afrique du Nord :
Après la pluie… L’orage

Jamais la communauté internationale, ou du moins les puissances qui l’incarnent ne se seront trouvées flouées alors que leurs espoirs de voir des régimes à leur solde leur échappent presqu’à la barbe.

Il ne fait aucun doute, les mouvements insurrectionnels en Afrique du nord ont parfois bénéficié sinon de la complicité totale de l’occident, du moins de son silence approbateur pour pouvoir renverser les pouvoirs en place.

Le plus visible reste la Libye du colonel Mouammar Kadhafi. Aujourd’hui alors que la pluie et ses tonnerres semblent le fait du passé, et qui logiquement auraient du laisser la place au beau temps, c’est plus l’incertitude de régimes véritablement démocratiques qui se profile à l’horizon. Avec l’avènement des pouvoirs « enturbannés », c’est l’incertitude qui prend la place à la croyance aveugle de pouvoirs qui auraient pu bénéficier du sceau de pouvoir libéré du joug du totalitarisme. Surtout que de Tunis à Tripoli, les urnes comme moyen d’accession au pouvoir ont élégamment remplacé les armes insurrectionnelles. Nonobstant cet état de fait, la préférence des peuples de l’Afrique du nord semble en décalage avec le vœu secret de voir des pouvoirs plus proche idéologiquement de l’occident. A moins que, dans leur dernier sursaut, ceux qui hier ne se cachaient pas pour annoncer leur position, ne prennent acte du choix des populations et contre mauvaise fortune fassent bon cœur.

Mais des régimes à dose islamiste ont déjà fait la preuve de leur difficulté à endosser les habits larges de la démocratie plurielle et ouverte. Ce qui est certain, les lendemains ne sont pas ce qui était espéré. Devant le fait accompli, il y a comme une désillusion noyée dans les soucis réels d’élections dans deux au moins des pays qui ont soutenu contre les principes de la démocratie, les rébellions, les mouvements insurrectionnels qui ont poussé comme des champions au nord. Cette situation explique-t-elle la peur d’un engagement vrai et véritable en Syrie alors que la preuve d’un massacre est faite au quotidien ?

En tous les cas, l’orage qui a succédé à la pluie avec une saveur de tsunami, ne donnera pas aisément des ailes à l’occident pour soutenir sans calcul un quelconque mouvement, quels que soient les gages et le degré de confiance avec les tenants du mouvement en question. C’est certainement une des principales leçons à tirer et surtout à retenir dans l’après tumulte de ce qu’on a appelé à juste titre, le printemps arabe.

Sandra UMUHOZA

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